Et si nous nous intéressions à quelle eau nous buvons ?
Nous entendons régulièrement qu’il est important de boire suffisamment d’eau. Pourtant, une autre question mérite aujourd’hui notre attention : quelle est la qualité de l’eau que nous consommons chaque jour ?
L’eau représente l’un des besoins essentiels de notre organisme. Nous en buvons quotidiennement, parfois plusieurs litres, pendant des années.
Alors forcément, la qualité de cette eau mérite d’être regardée de plus près.
Et les recherches récentes sur les microplastiques et nanoplastiques présents dans l’eau en bouteille nous invitent à nous poser quelques questions.
Eau en bouteille : ce que révèlent les études récentes
L’eau en bouteille est souvent perçue comme une eau particulièrement sûre et qualitative.
Pourtant, une étude publiée en janvier 2024 dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), menée notamment par des chercheurs de Columbia University, a utilisé une nouvelle technique d’imagerie permettant de détecter des particules beaucoup plus petites que celles recherchées dans les études précédentes.
Les chercheurs ont analysé trois marques d’eau en bouteille et ont estimé une moyenne d’environ 240 000 particules de plastique par litre.
Plus surprenant encore : environ 90 % de ces particules étaient des nanoplastiques, c’est-à-dire des particules de taille inférieure au micromètre.
👉 Consulter l’étude scientifique publiée dans PNAS
Cette étude est particulièrement intéressante car elle montre surtout l’importance de la méthode utilisée pour mesurer ces particules.
Pendant longtemps, les techniques disponibles permettaient principalement d’identifier les microplastiques les plus gros. Les nanoplastiques, beaucoup plus petits, étaient beaucoup plus difficiles à détecter.
Avec cette nouvelle méthode, les chercheurs ont pu identifier des particules jusqu’à des tailles de l’ordre de quelques centaines de nanomètres et mettre en évidence une quantité de particules bien supérieure aux estimations précédentes.
Microplastiques et nanoplastiques : quelle différence ?
Le terme microplastique désigne généralement des particules de plastique mesurant moins de 5 millimètres.
Les nanoplastiques sont encore plus petits : ils mesurent moins d’un micromètre.
Cette différence de taille est importante.
Plus une particule est petite, plus son comportement dans l’environnement et dans l’organisme peut être différent.
Les chercheurs s’intéressent donc particulièrement aux nanoplastiques, car leur petite taille soulève de nouvelles questions concernant leur devenir dans notre organisme.
Mais attention : présence ne signifie pas automatiquement danger démontré.
C’est un point essentiel lorsque nous parlons de santé.
Les scientifiques savent aujourd’hui que nous sommes exposés aux microplastiques et aux nanoplastiques par différentes voies, notamment l’alimentation, l’eau et l’air. En revanche, les conséquences précises d’une exposition chronique sur la santé humaine sont encore étudiées.
L’Organisation mondiale de la Santé souligne elle-même que les données disponibles restent insuffisantes pour établir avec certitude les risques sanitaires liés aux microplastiques présents dans l’eau de boisson.
👉 Consulter le rapport de l’OMS sur les microplastiques dans l’eau potable
🧬 Des microplastiques ont été retrouvés dans l’organisme humain
La recherche ne s’intéresse plus uniquement à la présence des microplastiques dans notre environnement.
Des études ont également identifié des particules plastiques dans différents tissus et fluides biologiques humains.
Cela ne signifie pas que ces particules proviennent nécessairement de l’eau que nous buvons : nous sommes exposés aux plastiques par de nombreuses voies.
Mais ces découvertes montrent que la question de notre exposition globale mérite d’être étudiée.
L’OMS considère d’ailleurs les microplastiques comme un contaminant émergent et souligne la nécessité de poursuivre les recherches afin de mieux comprendre leur devenir dans l’organisme et leurs éventuels effets sur la santé.
Autrement dit :
Nous savons que l’exposition existe.
Nous savons encore moins précisément quelles conséquences elle peut avoir à long terme.
Et c’est justement pour cela que la prévention et la réduction de notre exposition peuvent être intéressantes.
…. A suivre !

